lundi 19 mai 2014

Hautes-Alpes: printemps en retard sur les Alpages sentinelles des Ecrins en 2013




Photo M.COULON

Comme chaque année, les partenaires du programme Alpages sentinelles se sont retrouvés pour une journée d’échange vendredi 11 avril à Châteauroux-les-Alpes. C’est l’occasion pour chacun de présenter les travaux conduits et de faire un retour d’expérience pour l’année écoulée. Avec un printemps froid et humide (très marqué au mois de mai), la végétation, que ce soit autour des exploitations comme sur les alpages, a eu du mal à démarrer. De plus, ces conditions ont favorisé une accumulation de neige en altitude jusque tard dans la saison. On constate jusqu’à un mois de retard par rapport à la moyenne sur les dates de déneigement début mai et jusqu’à 3 semaines sur certains quartiers d’estives. Ceci s’est traduit par un retard quasi systématique de mise à l’herbe des animaux, retard qu’on constate également pour les montées en estive. En début d’estive, les bergers estiment de 1 à 3 semaines le retard sur la végétation. Ensuite le mois de juillet fut très humide ce qui a permis à la végétation de rester verte plus longtemps que les années précédentes. Mais le manque de chaleur n’a pas permis à l’herbe « d’exploser ». Ainsi le retard ne s’est pas comblé, il est toujours marqué début août avec des quartiers d’altitude qui déneigent tardivement obligeant à nouveau les bergers à repousser les dates de montée.


Ces conditions météorologiques ont obligé les éleveurs et les bergers à s’adapter. On constate que la plupart des Groupements pastoraux ont décalé les dates de montée en alpage voire échelonné les lots d’animaux au fur et à mesure de la pousse de l’herbe. Malgré cela, pour certains, le retard de la végétation n’arrive pas à se combler.
Les bergers doivent faire manger de l’herbe « trop jeune » aux animaux ce qui entraine des changements dans les biais afin que les brebis se « remplissent » et pouvant aller jusqu’à des problèmes de diarrhée. La grande majorité a dû adapter sa gestion en trouvant des secteurs tampons avant le quartier d’août, notamment sur des ressources précoces ou productives.
Pour en savoir plus : svieux@cerpam.fr

Alpes-Maritimes, Alpes-de-Haute- Provence, Var : élevage pastoral et changement climatique



Dans le cadre du programme « Adaptation des exploitations d’élevage à composante pastorale et des écosystèmes pâturés à haute biodiversité au changement climatique », une étude a été engagée sur ce territoire des « Causses provençaux » que représentent les Préalpes de Grasse, de Castellane et du Canjuers. En effet, la durabilité des systèmes pastoraux dépend entre autres de leur capacité à faire face aux aléas climatique. Et une bonne résistance aux aléas climatiques devrait faciliter leur adaptation au changement climatique déjà manifeste, et qui est appelé à s’intensifier dans les décennies à venir. Après une première étude de « vulnérabilité climatique » menée l’an dernier dans
le Pays d’Aix, ce sont cette année une vingtaine d’exploitations ovines qui sont enquêtées dans les
Préalpes d’Azur et du Verdon.
L’étude explore la diversité des systèmes de production et des stratégies d’alimentation, la perception par les éleveurs des principaux aléas

Photo A.FERRANDO

climatiques et les pratiques mises en place pour y faire face. Un zoom est apporté sur les milieux ouverts pâturés, supports d’une forte biodiversité et très attractifs pour les animaux, mais beaucoup plus sensibles aux accidents climatiques, en lien avec l’Institut de l’Elevage intervenant dans le cadre de son programme LIFE MILOUV.
Dans le cadre de cette action qui mobilise un stage de fin d’études ingénieur de l’école AgroSup Dijon, un travail spécifique est également mené sur les données climatiques enregistrées sur plusieurs décennies dans les stations météorologiques locales, en partenariat avec l’INRA Ecodéveloppement d’Avignon. L’expérience des éleveurs pourra ainsi être confrontée à l’analyse précise des conditions climatiques du territoire et à leur évolution. Ce travail devrait permettre de consolider nos références sur la gestion des milieux pastoraux en y intégrant leu variabilité climatique, et de fournir un accompagnement technique aux éleveurs sur la question des aléas climatiques et à plus long terme, du changement climatique.
Pour en savoir plus : algouty@cerpam.fr; sgole@cerpam.fr; pthavaud@cerpam.fr 

Bouches-du-Rhône : de nouveaux parcours sur l’Agglo d’Aubagne….


Toujours volontaire pour mettre en place de nouveaux projets pastoraux sur son territoire, la Communauté d’Aubagne et du Pays de l’Etoile a proposé cet hiver deux nouveaux quartiers à l’Association de Transhumance hivernale du Garlaban. Utilisant depuis 2010 environ 500 ha sur le massif de mi janvier à fin mars, l’ATH était demandeuse de pouvoir amener plus tôt dans la saison ses 4 à 500 brebis. Les surfaces nécessaires n’étant pas disponibles sur le Garlaban, l’Agglo s’est penchée sur ses autres massifs de collines. L’étude menée par le CERPAM en 2011 sur les massifs du Sud Régagnas et de l’Ouest Sainte Baume dans le cadre de la réalisation des Plans de Massifs (cf. LT n° 39), ainsi que l’animation menée conjointement avec la Société du Canal de Provence et la Chambre d’Agriculture des Bouches du Rhône depuis 2012 pour la mise en œuvre de projets, sont ainsi valorisées.
Pour cet hiver 2013-2014, deux nouveaux sites ont ainsi accueillis les 470 brebis du troupeau de l’ATH : 110 ha sur la commune de Belcodène et environ 200 ha sur Auriol. 45 jours de pâturage ont ainsi étaient gagnés sur ces deux communes nouvellement redevenues pastorales…, entre fin décembre et début février, avant de regagner le Garlaban. Les deux communes ont été très volontaires pour la mise en place de cette transhumance hivernale et ont accueillis les deux éleveurs à bras ouverts : aide municipale pour le déplacement du troupeau, communication au grand public, participation des sociétés de chasse communales, organisation de petits moments festifs. De leur côté, les éleveurs ont joué le jeu de faire de petits détours pour faire passer le troupeau dans les deux villages, lors des déplacements d’un site à un autre. Ce qui n’est pas chose aisée à moins de 20 km d’Aubagne…. Les éleveurs ont été très contents de ces deux nouveaux quartiers, qui offrent des conditions un peu moins difficiles que le Garlaban. Ces deux quartiers auront donc à l’avenir toute leur place dans la transhumance au cœur de l’hiver.
Pour en savoir plus : sdebit@cerpam.fr