vendredi 26 janvier 2018

A l’international : le CERPAM intervient auprès du Parlement helvétique

Le 11 janvier 2018, à l’invitation du Conseiller d’Etat du Valais Beat Rieder, le CERPAM intervenait auprès de la Commission Environnement de la Chambre Haute du Parlement helvétique à Berne. Il s’agissait de présenter la situation de l’élevage dans les Alpes françaises, où 55 meutes de loups sont désormais présentes, y compris les trois meutes transfrontalières franco-italiennes. La Suisse, dont la superficie est équivalente à celle des Alpes françaises, assiste à l’installation de ses deux ou trois premières meutes de loups et s’interroge sur la stratégie à long terme à mettre en place entre protection des troupeaux et régulation des loups.

Cette invitation revêtait un intérêt particulier alors que les services pastoraux alpins français travaillent en collaboration avec l’Association Suisse des Chiens de Protection, mettant en évidence les limites d’une stratégie de gestion du dossier reposant sur la seule protection des troupeaux. Ce déplacement a été également l’occasion de nouer de nombreux contacts avec des élus, des représentants de l’administration et des représentants d’associations d’éleveurs.
La présentation de Laurent Garde en pdf

Pour en savoir plus : secretariat@cerpam.fr

Massif alpin : recueillir les savoirs d’éleveurs sur les chiens de protection

Dans le cadre du financement de la Convention de Massif, le CERPAM a engagé avec les services pastoraux des Alpes du Nord une série d’enquêtes approfondies afin de recueillir les savoirs émergents d’éleveurs alpins sur des chiens de protection en situation vraie de confrontation à des meutes de loups. Ce sont au total 17 enquêtes qui ont été menées auprès d’éleveurs répartis dans tout le massif, avec 25 ans d’expérience pour certains d’entre eux. Le choix des éleveurs s’est fait sur un consensus concernant leur compétence, en consultant un certain nombre d’éleveurs, de techniciens des DDT/M et des services pastoraux. Ce travail se fait en partenariat étroit avec l’Association suisse des Chiens de Protection. Il se fait également en coordination avec l’Institut de l’Elevage qui met en œuvre un réseau d’éleveurs formateurs sur le sujet à la demande du Ministère de l’Agriculture.
De nombreux thèmes ont été abordés lors des entretiens, le choix des chiens, leur éducation, les qualités attendues dans la diversité des races de chiens, la gestion de la meute de chiens et sa répartition par lots dans la diversité des contextes d’élevage, leur travail face aux loups, mais aussi les difficultés rencontrées avec le public fréquentant les montagnes et les inquiétudes des collectivités à ce sujet. La matière rassemblée, enregistrée et retranscrite lors de quelque 40 heures d’entretien est d’une très grande richesse. Ce travail en cours a fait l’objet de deux présentations lors de la Journée sur les chiens de protection de Rives le 17 novembre 2017, ainsi que lors du Séminaire des services pastoraux alpins de Valence le 18 décembre 2017.

Pour en savoir plus : secretariat@cerpam.fr

Massif alpin : règlement sanitaire en alpage

Le CERPAM participe aux côtés des services pastoraux alpins de Rhône-Alpes (ADEM en Drôme, FAI en Isère, SEA 73 et 74 en Savoie et Haute-Savoie) à l’élaboration d’une trame commune pour les règlements sanitaires de pâturages collectifs. L’objectif de ce projet : remettre au goût du jour les modèles préexistants en tenant compte des nouveaux enjeux sanitaires pour le pastoralisme. En effet, le mélange de troupeau peut conduire à la transmission de pathologies, aux conséquences plus ou moins graves dans les élevages. A titre d’exemple : les cas d’avortements, gale, piétin, BVD et besnoitiose « s’échangent » facilement en alpage entre troupeaux. Les services pastoraux ne se substituent pas aux Groupements de Défense Sanitaire (GDS) dans ce domaine, avec qui ce travail est d’ailleurs mené en concertation.

Les groupements pastoraux étant créés avec l’appui des services pastoraux, il est important que nos structures soient à même de proposer un outil performant aux éleveurs pour rappeler les obligations règlementaires auxquelles sont soumis les troupeaux collectifs et prévenir des incidents sanitaires. Le 16 janvier 2018 à Gap, les services pastoraux et GDS se sont retrouvés pour une journée de travail intense. Au menu : un état des lieux des règlements sanitaires existants et de leur utilisation ; une présentation par les GDS de leurs actions en lien avec le pastoralisme collectif et une réflexion commune sur les aspects indispensables à prendre en compte dans un règlement sanitaire.

Pour en savoir plus : secretariat@cerpam.fr

Massif alpin : séminaire des services pastoraux alpins dans le cadre de la Convention de Massif CIMA

Le 18 décembre à Bourg-lès-Valence, se tenait le séminaire de présentation des travaux menés par les services pastoraux du Massif alpin dans le cadre de la Convention de Massif, devant une assistance de plus de 80 personnes. La journée a été ouverte par les allocutions des deux Présidents du CERPAM, Francis Solda et Philippe Cahn de l’ADEM pour le compte des services pastoraux nord-alpins. Les présentations de la matinée ont porté sur la valorisation de l’Enquête pastorale 2012-2014, sur l’élaboration d’outils d’aide à la gestion pour les groupements pastoraux, enfin sur le bilan réalisé sur la mise en œuvre des Mesures Agroenvironnementales et climatiques dans le massif. Elles ont été ponctuées par des débats très richesL’après-midi a été consacré aux projets en cours et aux perspectives. Les présentations ont porté sur le travail engagé sur le recueil des savoirs d’éleveurs sur les chiens de protection, ainsi que sur le réseau Alpages sentinelles et ses acquis sur le changement climatique. Une réflexion sur les actions à conduire sur les trois années à venir a ensuite été partagée avec les représentants de la CIMA et des deux Conseils régionaux Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les conclusions ont ainsi été portées par Michel Delmas, Commissaire-adjoint du massif, Eliane Bareille, Vice-Présidente déléguée à la ruralité et au pastoralisme au Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, et Fabrice Pannekoucke, Vice-Président du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, Maire de Moûtiers.

Pour en savoir plus : secretariat@cerpam.fr 

Alpes-de-Haute Provence : bienvenue à Olivier Bonnet dans l’équipe du CERPAM


Après la disparition tragique d’Aurélie l’été dernier en poste sur les Alpes-de-Haute-Provence, le CERPAM a recruté en cette nouvelle année Olivier Bonnet, qui travaillera aux côtés de Sylvain Golé sur le département des Alpes de Haute-Provence. Faisons plus ample connaissance avec Olivier, il  nous présente son parcours professionnel caractérisé par des transhumances quelque peu atypiques pour le CERPAM. Cela tombe bien, nous adorons les nomades !

« Originaire des Yvelines et passionné de montagne, j’ai une formation universitaire en biologie spécialisée en écologie et comportement animal. Après une maîtrise au Canada et un DEA d’écologie à Paris, j’effectue un doctorat sur les stratégies alimentaires des grands herbivores africains, soutenu en 2008.
Je travaille notamment sur le rhinocéros blanc, observant ses choix alimentaires durant de longs mois de terrain.
Je prolonge ce travail lors d’un post-doc de deux ans en Afrique du Sud avant de partir en 2012 au Sud du Brésil pour travailler durant 6 ans comme coresponsable d’une équipe de recherche à Porto Alegre, puis comme professeur d’université sur les pratiques d’élevage bovins et ovins dans les prairies natives de la Pampa sud-américaine. Je participe notamment au développement d’un vaste programme d’expertise et de diffusion auprès de centaines de petits éleveurs, afin d’améliorer l’autonomie alimentaire des animaux par une meilleure utilisation de la ressource herbeuse, qu’elle soit spontanée ou cultivée. En 2018, je rentre en France afin d’intégrer le Cerpam. »
Pour en savoir plus : obonnet@cerpam.fr

Alpes-de-Haute-Provence : le CERPAM reçoit une délégation algérienne

Au mois de décembre dernier, une délégation algérienne a été reçue dans notre région dans le cadre d’une action de coopération entre l’Algérie et l’Union européenne intitulée « Programme d’action pilote pour le développement rural et l’agriculture ». Le voyage d’études élaboré par l’INRA de Montpellier visait à présenter un panel représentatif d’actions liées au « développement rural participatif et la valorisation des ressources locales ». La délégation était composée de représentants de domaines d’activité très diversifiés : forêt, développement rural, tourisme et artisanat, agriculture. La visite dans la vallée du Haut Verdon a permis au CERPAM de présenter la réalité de l’activité pastorale dans notre région, la loi pastorale française, le fonctionnement des groupements pastoraux, enfin les programmes d’aides financières aux équipements (points d’eau, cabanes).
Les questions, échanges et débats qui ont ponctué l’exposé ont mis en lumière des points de convergence quant aux enjeux actuels et futurs liés au pastoralisme de part et d’autre de la Méditerranée. La question du changement climatique a bien souvent été au cœur des discussions avec un constat partagé d’une modification du régime des pluies dont l’incidence sur les ressources fourragères devient de plus en plus fréquemment difficile à gérer dans les systèmes pastoraux en termes quantitatifs certes, mais aussi en termes de planification des calendriers de pâturage et de production. De par son effet retard sur la sécheresse, la piste du sylvopastoralisme est apparue comme une solution crédible à cette situation, à condition d’être en capacité de combiner gestions durables des ressources forestières et pastorales. Comme dans notre région, les forestiers ne voient pas toujours d’un bon œil la pénétration des troupeaux en forêt. Pour nombre de participants, il serait souhaitable de créer des instances locales de concertation et de suivi multipartites (forestiers, agricoles, pastoraux), formées de représentants de l’administration et de responsables professionnels afin d’organiser au mieux cette pratique dans l’espace et dans le temps. Des échanges riches qui donnent envie d’être poursuivis sur la rive sud de la grande bleue !


Pour en savoir plus : sgole@cerpam.fr

Hautes-Alpes : de l’agroenvironnement vers l’adaptation au changement climatique en alpage

C’est à Vallouise et à Aspres-lès-Corps que 2 rencontres ont été organisées par le Parc des Écrins.

L’objectif était d’articuler deux sujets importants pour ce territoire, le bilan des mesures agroenvironnementales territorialisées (programmation achevée en 2015) et leur évolution et adaptation au changement climatique, issues du programme Alpages sentinelles. Depuis les années 1990 et à la fin de chaque programmation de MAE, le Parc des Écrins propose un bilan de la mise en place de ces mesures et des impacts sur certaines espèces ou milieux pastoraux suivis dans lequel le CERPAM est partie prenante. 

A la suite des MAEt, une nouvelle campagne de relevés, d’entretiens et d’études ont été menées comme les relevés de lignes de lectures sur les végétations pâturées, les diagnostics d’habitats tétras, des entretiens avec des éleveurs et bergers sur les attentes et contraintes dans la mise en place de certaines pratiques. Quelques constats peuvent être mis en avant comme pour la gestion de la Reine des Alpes, espèce rare et patrimoniale pour laquelle le pâturage peut être un allié très intéressant dans la mesure où le chardon apprécie les milieux ouverts qui peuvent être entretenus par la dent de l’animal mais qui sont très sensibles à la fumure.  Ou encore montrer la vitesse de cicatrisation des pelouses alpines dégradées suite à une charge pastorale trop importante, en jouant sur l’allègement de cette charge. Ou enfin mettre en évidence qu’une pression de pâturage instantanée forte dans des anciens prés de fauche permet de maintenir une diversité floristique tout en valorisant au mieux la valeur fourragère pour le troupeau.
En seconde partie de ces deux journées, l’ensemble des partenaires du réseau Alpages sentinelles ont fait le point sur les chantiers et avancées du programme. Cela va de l’édition d’une plaquette sur  les effets du changement climatique en alpage à l’élaboration d’une méthode d’analyse de la vulnérabilité climatique des alpages. Méthode qui sera mise en œuvre dans le cadre d’un programme européen LIFE dans lequel le Parc National des Ecrins s’est inscrit avec des partenaires du monde de la recherche ainsi que le CERPAM.

Pour en savoir plus : svieux@cerpam.fr

Hautes-Alpes : diagnostic pastoral de l’alpage de Rochimont, saint Maurice en Valgaudemar

A la demande de la commune de Saint-Maurice en Valgaudemar, conseillée par le Parc National des Ecrins, un diagnostic pastoral a été réalisé sur l’alpage ovin de Rochimont. Cet alpage est représentatif d’une certaine catégorie d’alpages du Valgaudemar et du Champsaur : il s’agit de petites unités, au relief accidenté, accessibles au prix de plusieurs heures de marche, et ne pouvant accueillir que 300 ovins au maximum. Ces unités ne sont jusqu’à présent pas gardées, les faibles effectifs ne permettant pas de rentabiliser l’emploi de bergers. Dans le cas présent, plusieurs difficultés viennent se conjuguer sur l’alpage de Rochimont : des échappées du troupeau de plus en plus fréquentes en dehors de l’alpage, un déséquilibre manifeste entre les crêtes surfréquentées par les animaux et les pelouses denses du bas d’alpage délaissées… A quoi vient se rajouter l’essoufflement de l’éleveur responsable du troupeau, qui jongle entre ses journées de surveillance sur l’alpage et son travail sur l’exploitation.
La prédation, pour l’instant peu importante sur l’alpage mais bien présente sur les alpages voisins, vient aujourd’hui bouleverser cet équilibre précaire. Tous ces facteurs combinés ont fait émerger l’idée d’embaucher un berger. Le diagnostic pastoral avait trois objectifs : mettre en évidence les atouts et contraintes de l’alpage, construire un calendrier de pâturage destiné à devenir la feuille de route du berger, et lister les équipements pastoraux manquants. Un cheminement intéressant, avec une Commune qui s’implique puisqu’elle fait d’ores et déjà construire une cabane neuve pour l’été prochain, des éleveurs motivés (bien qu’un peu inquiets) pour prendre le virage du changement, et l’appui du Parc national des Ecrins qui souhaite déjà pouvoir raisonner à l’échelle des vallées pour essayer de sauver ces petits alpages gérés à l’arrage pour reprendre l’expression locale…

Pour en savoir plus : asilhol@cerpam.fr

Dans les Alpes-Maritimes : un diagnostic pastoral pour dahus !

La commune d’Isola a souhaité qu’un diagnostic pastoral soit réalisé sur un de ses alpages communaux, avec le soutien financier du Conseil régional.  Ce diagnostic a pour objectif de faire un point sur l’utilisation actuelle de cet alpage, utilisé auparavant par un vieux berger et qui bénéficie désormais d’une vente d’herbe à une éleveuse pour laquelle une convention pluriannuelle de pâturage va être signée. Type de milieux présents, évaluation de la ressource pastorale, difficultés d’utilisation et moyens éventuels de faciliter la valorisation de l’alpage, enjeux pour la commune et les acteurs du territoire, attentes de l’éleveuse…

Tout cela est pris en compte. Les tournées de terrain cet été et ce début d’automne ont permis de faire ressortir de grandes tendances : Merlier est un alpage typique de moyenne Tinée, très pentu avec un fort gradient altitudinal, difficile d’accès, avec des problèmes d’eau… Il présente un beau potentiel pastoral, mais reste un alpage très difficile à garder par sa forme et son relief (grands cirques séparés par des travers pentus au relief convexe ; goulots d’étranglement,etc.).
Suite aux discussions avec l’éleveuse, le manque d’eau sur l’alpage est un problème majeur qui accroît les déplacements des animaux et conduit à sous-utiliser certains secteurs. De même, la forte prédation rend difficile une bonne valorisation par les brebis du mélézin qui se referme petit à petit.
Les rencontres avec la commune et les autres acteurs du territoire dans le courant du mois de novembre permettront sans doute de faire émerger d’autres enjeux. L’ensemble du travail ainsi que les préconisations à court et moyen terme seront rendus à la commune sous la forme d’un rapport écrit et d’une restitution orale au conseil municipal. En fonction des décisions de celui-ci dans les mois qui suivront, certains projets d’aménagements ou de travaux pourront être réalisés avec l’appui du CERPAM.


Pour en savoir plus : mgontier@cerpam.fr

Alpes-Maritimes et Var : le succès de l’abri mobile au salon du matériel agricole !

Le 30 novembre 2017 s’est tenu le salon du matériel agricole au MIN Fleurs, organisé par les Chambres d’Agriculture des Alpes-Maritimes et du Var. Le Groupement Pastoral de l’Aups avait apporté son abri mobile, livré en août 2017, pour l’inaugurer et permettre aux éleveurs et financeurs présents de découvrir son intérêt.
Cet abri mobile est le second prototype construit sur mesure pour le GP de l’Aups par l’entreprise BCB, avec le concours du CERPAM et de l’architecte-conseil de la MRE (Maison Régionale de l’Elevage), pour un coût de 32 800 € HT bénéficiant (hors châssis) de l’aide aux équipements pastoraux collectifs du Conseil régional et de l’Europe pour une partie de son coût.
Cette « roulotte pastorale » de dernière génération permet au berger de garder un troupeau sur des parcours et alpages sans cabanes, parfois très éloignés les uns des autres. Un accès carrossable est bien sûr nécessaire. De surcroît, eu égard à la forte fréquentation touristique, la présence humaine du berger est importante et sa roulotte habillée de bois s’intègre au mieux dans le paysage. Dans ce contexte, l’abri mobile se substitue au besoin de trois cabanes qui seraient chacune utilisée sur un temps court : une économie considérable d’investissement. Le tout, avec un logement certes de superficie réduite, mais plus confortable qu’une caravane. Vous étiez nombreux, éleveurs, groupements pastoraux, financeurs et partenaires techniques, à venir le visiter tout au long de la journée et à poser des questions lors de son inauguration en début d’après-midi. Un beau succès !
Des questions ? Des projets ?


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Var : un nouveau POPI dans le golfe de St Tropez


Le 18 janvier 2018 à Cogolin, les élus de la Communauté de Communes de St-Tropez ont lancé le cinquième Plan d'Orientation Pastoral Intercommunal (POPI) du Var. La Communauté de communes du Golfe de St Tropez a constaté le manque de visibilité de l’activité pastorale sur son territoire et s’inquiète d’une menace de déprise, en particulier sur les grands pare-feux où l’élevage pastoral contribue à leur entretien depuis près de 30 ans.
Le POPI concernera 12 communes : Ste Maxime, Cogolin, St-Tropez, Ramatuelle, Gassin, Le Plan de la Tour, La Garde Freinet, Grimaud, La Croix-Valmer, La Mole, Cavalaire et le Rayol. L’objectif est de maintenir, voire redéployer l’activité pastorale et créer ainsi une dynamique constructive autour du pastoralisme. Le POPI est  un véritable « outil opérationnel de gestion et d’aménagement du territoire ». Il s’appuiera sur les études et zonages existants ou en cours : PIDAF (révision en cours), SCOT, PLU...La première phase consiste à réaliser un état des lieux précis de l'activité pastorale à partir d'enquêtes individuelles réalisées auprès de la vingtaine d'éleveurs pastoraux (ovins, caprins et bovins) du Golfe de St-Tropez. Elle se déroulera de janvier à mars 2018. Une restitution des résultats de cette enquête auprès des élus et des éleveurs est prévue fin mars. La deuxième phase comprend l'organisation d'ateliers coopératifs par enjeux (prévention des incendies de forêt, biodiversité, prédation, activités sport-nature, chasse ...) et se déroulera de mars à juin. Un comité de pilotage final clôturera ce travail avec la présentation du plan d'actions pastorales et la cérémonie de la signature par les élus et les éleveurs de la charte pastorale, engageant la phase de mise en œuvre des projets.

Pour en savoir plus : pthavaud@cerpam.fr

mercredi 6 décembre 2017

Union européenne : le CERPAM intervient devant la DG Agri sur le dossier du loup



Michèle Boudoin, Présidente de la FNO et de la filière ovine européenne au COPA-COGECA, a sollicité le CERPAM pour intervenir à Bruxelles auprès de la Commission européenne, DG Agriculture sur le dossier du loup le 21 novembre 2017. Le thème affiché dans le cadre du « Groupe civil de dialogue », rassemblant les deux DG Agriculture et Environnement, tous les syndicats agricoles européens (COPA –COGECA et  Via Campesina) ainsi que les différents acteurs des 28 pays membres intéressés par le sujet, était le suivant : « Hybridation et changement de comportement du loup ».

Le CERPAM a expliqué que le problème sur les troupeaux n’était pas tant dû à une proportion indéterminée d’hybrides, mais au changement de comportement de l’ensemble des loups dû à une protection excessive de l’espèce. L’augmentation du nombre de pertes par loup, l’explosion des attaques sur troupeaux protégés, le jour, en présence d’humains et de chiens, au plus près des maisons, sont d’excellents indicateurs de ce changement de comportement. Mais les loups ne sont pas les seuls à changer de comportement. Les ongulés sauvages, naïfs à l’arrivée du loup, ont réappris à guetter, fuir et éviter les zones à risque, conduisant le prédateur à reporter ses attaques sur les troupeaux domestiques, y compris bovins. Les témoignages de tous les pays européens représentés ont illustré l’ampleur des difficultés rencontrés par les éleveurs qui mettent en œuvre les moyens de protection, pris en étau entre les contraintes du droit du travail, les obstacles règlementaires pour mettre en œuvre des clôtures sécurisées, enfin les conflits croissants avec les utilisateurs de l’espace et même leurs propres voisins dans les villages confrontés aux chiens de protection. Et ce, alors même que la généralisation de la présence des loups fait exploser les coûts budgétaires nécessaires. Face à cette situation de plus en plus intenable, la position intransigeante du représentant de la DG Environnement a frappé les esprits. Pour autant, il a très officiellement rappelé que l’hybride n’est en rien protégé par les tests européens.
                                                                               
Pour en savoir plus : secretariat@cerpam.fr

Région méditerranéenne - le CERPAM participe aux RIAAM



Les Rencontres Internationales des Acteurs de l’agro-sylvo-pastoralisme méditerranéen (RIAAM) se sont déroulées du 17 au 20 octobre 2017 entre Montpellier et Florac. Les visites de terrain furent plutôt des rencontres avec des éleveurs que la contemplation des beaux paysages classés par l’UNESCO, car pluie et brouillard se sont invités... mais aucun pastoraliste digne de ce nom n'aurait pu se plaindre de cette arrivée  d'eau tant attendue !
De multiples présentations et ateliers de travail ont permis de débattre sur des thèmes tels que les marchés et les filières,  le changement climatique, la transmission des savoirs, les dynamiques de territoires en faveur du pastoralisme et enfin la prédation.
Le CERPAM est intervenu sur l’adaptation au changement climatique, en complément d’intervenants égyptiens et algériens permettant d’élargir notre vision des choses à l'autre rive de la Méditerranée. Le CERPAM a ainsi présenté les travaux de caractérisation de profils d’alimentation d'exploitations ovines ou caprines de systèmes pastoraux des Alpes du Sud appuyés sur l’outil développé en commun avec nos collègues d’Occitanie et l’Idele, StratPasto. L’objectif est de mesurer les marges de manœuvre et les capacités d’adaptation en mesurant la place de toutes les ressources disponibles (notamment les ligneux). Une action complémentaire aux travaux spécifiques menés dans le programme Alpages Sentinelles, l’ensemble permettant aussi d’interroger l’articulation entre alpage et exploitation dans les stratégies d’adaptation aux aléas climatiques.
La journée s'est conclue par une soirée ouverte au public à Florac où le bel ouvrage « Terres pastorales » coédité par le Conservatoire des Espaces Naturels de Languedoc-Roussillon et les Editions du Rouergue, auquel le CERPAM a apporté sa contribution, a été présenté. Clou de la soirée, des témoignages de jeunes éleveurs albanais, lozériens et espagnols, ont été suivis du clip très entrainant des « ganaderas en red », éleveuses espagnoles en réseau, qui ont détourné le tube despacito. Malgré les nuages qui obscurcissent l'avenir du pastoralisme, ces jeunes « mujeres al viento », femmes dans le vent, vous filent vraiment la pèche !
 Et s'ouvre ainsi  toute une réflexion sur le rôle des portables et des réseaux sociaux pouvant rompre l'isolement trop souvent imposé par ce métier des grands espaces.


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Aveyron – le CERPAM participe à un travail de recherche sur l’arrivée du loup



Le 14 novembre 2017 à Rodez, se déroulait sous la présidence de M. le Préfet la restitution officielle de l’étude menée par l’INRA et SupAgro Montpellier avec la participation du CERPAM, intitulée : « L’adoption des moyens de protection des troupeaux sur le territoire des Grands Causses permettrait-elle aux systèmes d’élevage ovins de rester viables face à l’arrivée des loups ? ». Ce travail de recherche, mené à l’initiative de la Préfecture de l’Aveyron dans un contexte de prédation soudaine, concerne 45 communes du sud-est du département. Elle se place en anticipation d’une éventuelle présence régulière de loups dans le département, premier département moutonnier de France. Le périmètre étudié présente un intérêt scientifique par sa diversité de milieux et de systèmes d’élevage basés sur le pâturage, dont plusieurs se retrouvent également dans d’autres régions françaises.



Les résultats montrent que la mise en œuvre de la protection modifierait le fonctionnement et les performances des élevages, les plus pâturants étant les plus impactés ; elle alourdirait le travail des éleveurs et nécessiterait le recours à du salariat. Les scenarii de repli important ou total en bergerie impacteraient très fortement la viabilité économique des élevages. L’ampleur des moyens de protection nécessaires pour protéger tous les lots d’animaux au pâturage a été chiffrée pour les 315 exploitations : 3 400 kilomètres de clôtures fixes sécurisées, 2 850 chiens et 74 salariés. Le coût annuel moyen de la protection par élevage serait de 24 000 euros (scenario conduite de troupeau non modifiée) ou 20 000 euros (conduite de troupeau modifiée a minima, afin de réduire les coûts de protection). Compte tenu de la prise en charge partielle par le plan loup 2013-2017 du coût de protection, entre 25 et 40 % des élevages laitiers seraient sous le seuil de viabilité économique. Enfin, la mise en œuvre de la protection dans les élevages aurait des conséquences néfastes sur les paysages et la biodiversité inféodée aux milieux ouverts, ainsi que sur la dynamique agricole locale.




 Pour en savoir plus : lgarde@cerpam.fr